Urgence
Nous recevons souvent des demandes de personnes qui trouvent des pigeons des villes en détresse. Malheureusement, nous ne sommes pas une organisation de sauvetage animal et ne pouvons pas intervenir sur le terrain dans de tels cas (voir les services de sauvetage animal au point 5). Nous vous conseillons toutefois volontiers à l’adresse info@stadttauben.ch.
Important : un simple signalement ne suffit pas – en cas d’urgence impliquant un pigeon des villes, veuillez rester sur place jusqu’à l’arrivée des secours.
1) Sécurisation / organisation du transport
Lorsqu’un pigeon des villes blessé ou en détresse est trouvé, il convient en premier lieu d’organiser sa sécurisation ainsi que son transport vers un vétérinaire ou une station de soins pour oiseaux sauvages. Cela peut, dans certains cas, être pris en charge par un service local de sauvetage animal (1). Les gardes-faune euthanasient généralement les pigeons des villes.
Avant le transport, l’animal doit être sécurisé de manière adéquate – par exemple dans une boîte ou un carton percé de trous d’aération, avec une serviette enroulée servant de « nid » (3). Les pigeons des villes ayant surtout besoin de chaleur en situation de détresse, la boîte ne doit jamais être laissée à l’extérieur (même pas sur un balcon). Les animaux visiblement affaiblis ou en état critique ne doivent dans un premier temps ni être nourris ni abreuvés, car cela peut s’avérer dangereux.
Signes de blessures internes, de traumatisme dû à un choc ou de défaillance organique : plumage gonflé important, déséquilibre/chutes, tremblements ou convulsions, respiration difficile, yeux (à moitié) fermés, sang au niveau du bec, du nez ou des yeux, sang dans les selles ou vomissements, ou encore forte apathie/confusion.
2) Vétérinaires et stations de soins
Depuis le 1er février 2025, les vétérinaires en Suisse peuvent traiter des animaux sauvages sans autorisation spécifique (les pigeons des villes ne sont pas des animaux sauvages, mais sont soumis à la loi sur la chasse et donc à des dispositions similaires). Toutefois, tous les vétérinaires ne les prennent pas en charge, et les conditions de traitement peuvent varier selon le cabinet. Il est donc recommandé d’appeler au préalable afin de vérifier si le ou la vétérinaire est spécialisé·e en oiseaux et traite les pigeons des villes. En cas d’euthanasie envisagée, il convient d’exiger une anesthésie préalable.
Les stations de soins pour oiseaux sauvages acceptant des pigeons des villes sont malheureusement rares et ne sont pas disponibles dans tous les cantons. Une liste est disponible sur le site de Stadttauben Schweiz (mise à jour en continu) : https://stadttauben.ch/pflegestellen/
Nous sommes reconnaissants pour toute information manquante.
3) Cas particulier : jeunes pigeons
En cas de jeunes pigeons en détresse, une intervention rapide est essentielle : ils ont besoin de protection et de chaleur et ne doivent en aucun cas être simplement déposés dans un buisson. Après sécurisation, il convient de vérifier si un deuxième poussin se trouve à proximité – les pigeons pondent généralement deux œufs et élèvent donc deux petits. Ensuite, voir les points 1 et 2.
Important : les poussins de pigeons ne doivent pas être élevés par des non-professionnels, car ils développent rapidement des troubles comportementaux en l’absence de congénères et ne doivent pas être relâchés sans encadrement. De manière générale, environ 90 % des jeunes pigeons des villes ne survivent pas à leur première année ; pour les individus élevés à la main et n’ayant pas appris à survivre en milieu urbain, un relâcher non encadré signifie donc une mort certaine.
À retenir : contrairement à la plupart des oiseaux sauvages, les pigeons n’ont pas de phase d’émancipation au sol (stade de « jeune volant »). Ils quittent le nid uniquement lorsqu’ils sont totalement capables de voler (« aptes au vol »). Les jeunes pigeons trouvés au sol incapables de voler sont donc tombés du nid trop tôt et ont dans tous les cas besoin d’aide – ils ne sont plus pris en charge par leurs parents.
4) Cas particulier : pigeons d’élevage
Lorsqu’on observe des pigeons « particuliers » au sein d’un groupe de pigeons des villes, il s’agit soit de descendants de pigeons d’élevage, soit de pigeons d’élevage égarés ou relâchés, qui ne retrouvent plus leur colombier d’origine. Ces derniers sont souvent bagués et présentent un comportement inhabituel ; ils semblent désorientés ou recherchent la proximité des humains. Certains se posent aussi sur des balcons. N’ayant pas appris à survivre en milieu urbain, leurs chances de survie sont faibles.
Les pigeons d’élevage perdus doivent également être sécurisés et, si nécessaire, pris en charge par un vétérinaire spécialisé en oiseaux. Ils peuvent ensuite être annoncés auprès de la centrale suisse d’annonce des animaux trouvés. Les éleveurs sont tenus de reprendre leurs animaux – ce qui, dans le cas des pigeons voyageurs, conduit toutefois souvent à leur mise à mort.
Dans certains cas, un placement privé ou via un refuge est possible.
À retenir : sont considérés comme pigeons d’élevage les pigeons domestiques, de race ou dits « pigeons de mariage », souvent reconnaissables à leurs couleurs particulières. Les pigeons voyageurs en font également partie, bien qu’ils se distinguent peu visuellement des pigeons urbains gris.

